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Si la litre funéraire, frise noire portant à intervalle régulier les armes du défunt, était peinte à sa mémoire sur les murs de l'église (intérieurs, voire aussi extérieurs), les plaques d'obits, d'un usage éphémère, sont quant à elles amovibles : souvent munies d'une attache, elles étaient disposées sur le catafalque ou le cercueil, sur les cierges et dans l'église au jour des funérailles. Les armes du défunt sont peintes sur fond noir. Des larmes et des tibias attestent parfois le caractère funéraire de ces morceaux de carton (parfois de parchemin).
Cet usage remonte au Moyen Âge. Elément de la décoration de la pompe funèbre des rois, des princes (laïques ou d'Église) et des grands seigneurs, elles manifestent, par-delà la mort, la permanence de la gloire héraldique et nobiliaire du défunt. Lorsqu'il s'agit d'une messe anniversaire (donc en l'absence du corps), elles ont, comme le catafalque (appelé à la fin du Moyen Âge "castrum doloris" ou "château de douleur"), la fonction de représenter (c'est-à-dire de rendre présent) le corps pour permettre le travail de deuil.
Les descriptions ou les comptabilités de funérailles cardinalices, dans la Rome de la fin du XVe siècle, montrent que ce ne sont pas moins de plusieurs milliers de "cartae pictae" qui sont réalisées et disposées à l'occasion des obsèques cardinalices. En 1519, Paris de Grassis, cérémoniaire pontifical, prescrit de limiter leur nombre à 350, déplorant que plus de 2000 eussent été déployées pour les obsèques du cardinal Luis de Aragon.
Les armoiries doubles entourées d'une cordelière sont celles d'une veuve (à gauche figurent les armes du mari de la défunte) ; l'écu timbré d'un bâton est celui d'un(e) prieur(e). La peinture est le plus souvent au pochoir ; la cire que l'on trouve sur l'une d'entre elles montrent qu'elles pouvaient être éclairées d'une chandelle ou apposé à un cierge.
- Localisation des originaux
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Fonds Édouard de Dienne, non classé
- Commentaire
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(1) Le dépôt ou le don aux Archives départementales, par les douze ayants-droits de Louis Farges (1858-1941), de ses archives est prévu pour le début de l'année 2011. Il s'agit de notes de cours d'École des chartes, de correspondance (comme membre puis président de la Société " La Haute-Auvergne ", comme archiviste du Ministère des Affaires étrangères, comme consul général de France à Bâle, comme député du Cantal, comme président de la commission des affaires étrangères à la chambre des députés), de notes, de brouillons de livres ou de discours, et de photographies.
(2) Une grande partie des originaux du fonds "Carladès" (74 liasses cotées de 1 à 74 ; 5 registres cotés de G* 1 à G* 5) conservé aux archives du palais princier de Monaco avaient fait l'objet d'un microfilmage à la fin du XXe siècle. Ces microfilms vont être prochainement numérisés par les soins du Centre national du microfilm et de la numérisation (Espeyran) et sur les deniers du Conseil général du Cantal ; le fonds numérisé sera mis en ligne sur le site des Archives départementales au début de l'année 2011. Ainsi les chercheurs auront-ils à leur disposition gratuitement l'ensemble des sources exploitées par Saige et Dienne. Il m'est agréable de remercier ici M. Régis Lécuyer, successeur de Gustave Saige à la direction des archives du palais princier, qui m'a permis de "mettre à la disposition des chercheurs une reproduction des microfilms relatifs au fonds Carladès conservé aux Archives du Palais Princier, et cela par le biais de la numérisation" (lettre du 13 juillet 2010).
(6) Informations prises dans la nécrologie, les éloges funèbres et la bibliographie publiés à l'occasion de son décès dans RHA, 1913, p. 89-104.
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