Archives du Cantal
Cote
Date
Description physique
Document sonore Collation : 1 DVD
Producteur
Conseil Général du Cantal. Archives départementales du Cantal. Frédéric Bianchi
Présentation du contenu

Entretien avec Madame Jeanne-Marie Remise, épouse de Lucien Remise, entretien filmé et réalisé par Frédéric Bianchi (responsable du service des archives audiovisuelles). Montage réalisé pour une présentation dans le cadre de la journée d'étude, du 17 juin 2011, de l'association française des archives orales, sonores et audiovisuelles (AFAS).

Frédéric Bianchi : Aujourd'hui nous sommes le 31 mai 2011 nous nous trouvons à Saint-Urcize chez Madame Jeanne-Marie Remise. Après un entretien enregistré la semaine dernière autour de la Recherche Coopérative sur Programme dites RCP Aubrac nous avons pensé qu'il serait bon de réaliser un complément filmé. Donc je vous remercie de participer à ce travail.

Jeanne- Marie Remise : Avec plaisir.

FB : La première chose dont j'ai envie de parler, je pense que vous avez dû commencer à écouter l'enregistrement que nous vous avons communiqué la semaine dernière grâce au MuCEM et en partenariat avec la conservatoire occitan de Toulouse, alors à cette écoute quelles sont vos premières impressions ?

JMR : A mais c'est très bien, c'est très bien il y a des choses même que j'ai apprises car mon mari ne parlait pas beaucoup.

FB : Vous pouvez me donner un exemple ?

JMR : Et bien je ne savais pas qu'il, enfin je savais qu'il avait travaillé à la montagne mais je ne savais pas qu'il avait été Cantalès, qu'il était arrivé jusque là, il ne se vantait pas lui. Et puis après j'ai pas continué voilà.

FB : C'était un peu émouvant peut-être ?

JMR : Oui

FB : Vous allez peut-être avoir l'occasion de le faire en famille ?

JMR : Oui voilà c'est ça, c'est ce que je pensais avec mes filles. Je n'ai pas été plus loin parce que vraiment c'était sa voix, c'est bien quoi.

FB : La dernière fois on avait évoqué des personnes qui ont marqué dans le cadre de cette RCP Aubrac c'est Laurent des Fajous et sa sœur ? Vous pouvez m'indiquer où ils étaient situés ?

JMR : Oui c'était sur la route qui va à La Trinitat, avant d'arriver à La Trinitat il y a une petit route à gauche et là c'est une enfilade de maison(…). Il y avait Laurent et sa sœur des vrais paysans lui avec le chapeau et elle avec sa blouse vous savez avec des petites fleurs blanches. Lui était grand, gentils tout plein tous les deux. Lui, il lui manqué un bras, il avait perdu un bras à la guerre de 14. Il faisait des jougs pour les bœufs mais il les faisait tellement bien que les gens venaient de partout pour les faire faire à Laurent et avec une seule main moi qui suis maladroite je me dis si je pouvais être comme Laurent.

FB : Alors, pourquoi ils ont été importants dans le cadre de cette recherche ? on sait qu'il y a des enregistrements.

JMR : Oui

FB : Il y a un autre point très important.

JMR : Mais oui mais je ne sais pas pourquoi ils ont atterri là Haut ?

FB : Alors le point important c'est que finalement nous ne savons pas vraiment comment cela c'est organisé mais l'intégral de leur intérieur situé « Au Fajous » a été échangé ?

JMR : Oui

FB : et a été au niveau du Musée National des Arts et Tradition Populaire ?

JMR : Voilà c'est ça

FB : Ils ont tout enlevé ?

JMR : Oui, Rue Mahatma Gandhi, le Musée, oui ça me revient il faut que je me prépare.

FB : Parfait, pas de problème.

JMR : Oui ils ont tout remis comme c'était, on est allé voir, c'est amusant vu que l'on connaissait la maison là-haut on la retrouve là.

FB : Vraiment à l'identique ?

JMR : A oui à l'identique, à l'entrée là il y avait deux porte-manteaux, il y avait le chapeau de la mémé, enfin la mémé c'était pas la mémé puisqu'elle n'était pas marié, le chapeau de sa sœur, avec un tablier qui pendait et de l'autre côté il y avait des vestes, tout était là bas, l'intérieur aussi, tout.

FB : Et vous avez pu discuter avec Laurent sur comment cela c'était passé ?

JMR : Et bien mon mari y allait plus souvent que moi, moi je faisais la cuisine (au restaurant).

FB : Et ils avaient vraiment tout donné alors ?

MJR : Ah oui, oui tout l'intérieur

FB : Sans oublier un meuble, rien ?

JMR : Rien, je me demande même s'il n'y avait pas les casseroles, tout ça ? peut-être si ?

FB : Ils n'avaient rien caché ?

JMR : Non, non

FB : Rien ?

JMR : Ah si, l'armoire, Ah ! Ah ! Ah ! (rires)

FB : L'armoire, expliquez-moi.

JMR : Alors l'armoire, il y a une vieille armoire qui date, je ne sais pas moi, de plus de 200 ans, alors celle là Laurent voulait pas la leur donner et avant qu'ils arrivent il a été la cacher derrière du foin là haut dans la grange et voilà. Quelques temps après, bien longtemps après quand on a refais la maison ici il dit à mon mari « et bien tu sais pas, si tu veux une armoire et bien vient la chercher »

alors mon mari lui a dit « une armoire, peut-être, une vielle armoire, ça m'intéresse les vielles armoires »

« et bien tu viens la chercher parce que celle-là ils ne l'on pas eu »

Ah ! Ah ! Ah ! (rires)

FB : Alors ils l'avaient fait volontairement ?

JMR : Ah Oui, Oui, oui là oui

FB : Il ne voulait pas tout donner ?

JMR : Il ne voulait pas tout donner et il a dit « je te la donne en mémoire de ton père, on était copains ton père et moi ». Et voilà.

Auteur
  • Bianchi, Frédéric
  • Remise, Jeanne-Marie
Mots-clés lieu
  • Saint-Urcize (Cantal, France)
Mots-clés matière
  • Aubrac
Mots-clés personne
  • Bianchi, Frédéric
  • Remise, Jeanne-Marie
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