Mise en ligne de la visite virtuelle "De la craie à la plume - Retour sur un siècle d'école dans le Cantal"
L’école de la IIIe République, mise en place par les célèbres lois Jules Ferry en 1881 et 1882, naît dans une période de refondation républicaine intense dont elle constitue un emblème et un moteur.
Réformée tout au long des XIXe et XXe siècles, l’école primaire publique fait face à de nombreux défis, parmi lesquels la promotion d’un enseignement laïc – dans un milieu où cette mission est encore le plus souvent assurée par un personnel religieux –, la recherche de ressources matérielles ou encore l’accroissement de la fréquentation des classes. Tandis que les villes, villages et hameaux se dotent de locaux dédiés, souvent incarnés par les désormais familières « mairies-écoles », les institutrices et instituteurs, que l’écrivain Charles Péguy qualifie de « hussards noirs de la République », s’investissent au sein des communautés pour l’éducation et l’épanouissement de leurs élèves.
S’adressant aux jeunes filles comme aux garçons, au sein de classes séparées quand cela est possible, l’école primaire a en effet pour mission d’inculquer un socle de connaissances uniforme et étoffé, composé de savoirs académiques et pratiques, et pouvant être couronné par l’obtention du fameux certificat d’études primaires. Son objectif est de former des citoyens instruits et, surtout, de futurs travailleurs.
Comme le reste de la société, l’école n’échappe pas aux tumultes des deux conflits mondiaux. La notion de patriotisme se développe ainsi après la défaite française face à la Prusse en 1871, et se retrouve exacerbée lors de la Grande Guerre au cours de laquelle nombre d’instituteurs sont mobilisés. Durant la Seconde Guerre mondiale, les valeurs de l’État français dirigé par le maréchal Pétain, s’infiltrent souvent à l’école tandis que l’administration et les enseignants s’organisent pour maintenir l’éducation des plus jeunes.
À la veille de mai 1968, l’école connaît de nouveau une période de transformations, tandis que se met en place un système scolaire désormais unifié. Bien que minoritaires, l’émergence de pédagogies innovantes au cours de l’entre-deux-guerres, réinterroge le rôle de l’école dans le développement de l’enfant.
La présente exposition, élaborée à partir de documents variés – dossiers, photographies, livres, témoignages, films – issus des fonds des Archives départementales, mais aussi d’objets prêtés par l’École Clémence-Fontille – Écomusée de Margeride, vous propose de découvrir le fonctionnement et les particularités de cette école primaire sur le territoire cantalien.
Découvrez ou redécouvrez l'exposition "De la craie à la plume - Retour sur un siècle d'école dans le Cantal" présentée aux Archives du 2 juin au 31 décembre 2025.