Votre recherche


68 Fi : Photographies de l'usine Sauvagnat d'Aurillac

Sommaire

Réf. 68 Fi 1-23 [ca 1975]-[vers 1975]

 

Description physique :
Genre/Carac. phys. : Document d'archives
23 tirages photographiques
19

Dimensions : 18 x 24 cm

Particularité physique : noir et blanc

Origine

Historique de la conservation :
Ces clichés proviennent du fonds des Houillères du Bassin de la Lorraine sans que l'on en connaisse la raison. Ils ont été envoyés en don par les archives départemantales de la Moselle.

Informations sur les modalités d'entrée :
Don des archives départementales de la Moselle, 2012.

Présentation du contenu :
Héritière d'une longue tradition aurillacoise, l'entreprise Sauvagnat fut le premier fabricant européen de parapluies dans les années 1970.
Son fondateur, Marcel Sauvagnat, naît le 4 août 1920 à Clermont-Ferrand. Après son enfance dans la capitale régionale, il suit sa famille qui vient de s'installer à Aurillac. Il a alors 17 ans. Il est étudiant quand éclate la guerre. En 1944 il entre dans le maquis à Tournemire et participe à des actions de résistance jusqu'à la fin de l'année 1945.
Son père meurt en 1946, lui laissant la responsabilité de l'entreprise de la rue des Forgerons. La fabrique de parapluie Bois, rachetée en 1933, emploie alors 8 salariés. De manière traditionnelle, la plus grande partie du travail se fait alors à domicile. Il en sera de même pendant des années. Cependant, petit à petit la surface des ateliers s'accroît pour accueillir les machines des piqueuses. Un nouvelle usine est construite, route de Tronquières, en 1955. L'extension continue et tout est finalement transféré route du Bousquet, dans le quartier de Baradel. En 1965, 150 personnes travaillent pour l'entreprise Sauvagnat.
La fabrication des parapluies met alors en oeuvre de nombreux fournisseurs un peu partout en France. Le fil, acheté à Lyon, est envoyé en Ardèche pour être mouliné. La toile est tissée en Alsace et à Lyon, puis teintée plus tard dans le Jura ou à Lyon. Marcel Sauvagnat décide peu à peu d'intégrer ces différentes étapes de fabrication à sa propre usine, ce qui permet de sécuriser les approvisionnements tout en développant l'emploi local. Elle devient la seule au monde dans sa spécialité à réaliser elle-même, de la matière brute au produit fini, chacune des pièces entrant dans sa composition, chacune des opérations nécessaires à sa fabrication.
En 1970, 650 personnes travaillent dans l'usine qui occupe 35 000 mètres carrés. La renommée de l'industriel cantalien est telle qu'en 1972, l'URSS fait appel à lui pour l'implantation d'une usine de parapluies à Moscou. En 1972 la production de l'usine représente environ 30 % de la production française. Peu à peu l'entreprise Sauvagnat diversifie cette production. En 1972 les parapluies ne représentent plus que 41,2 % de ses ventes. Elle fabrique aussi désormais des parasols et meubles de jardin, des meubles d'intérieur-extérieur en plastique, enfin des pièces plastiques techniques comme des bouchons de bouteilles de parfum.
En 1978, sur la route de Carlat, un grave accident provoque l'hospitalisation de Marcel Sauvagnat. C'est alors que pour la première fois l'entrepreneur se trompe dans l'acquisition d'une maroquinerie de Verdun. Cette erreur survient au plus mauvais moment. Les parapluies à bas coûts importés d'Asie envahissent le marché français. Ils sont acquis par les centrales d'achat des grands groupes, dont Sauvagnat était le fournisseur exclusif, au prix où l'usine cantalienne paie ses matières premières. L'usine qui doit licencier est alors bloquée par les grèves.
Le 26 mars 1979, la société Sauvagnat est mise en liquidation judiciaire. 750 employés se retrouvent au chômage. Marcel Sauvagnat, responsable sur ses fonds personnels, quitte Aurillac, en train. A 59 ans il n'a plus rien et ne retournera jamais à Aurillac.
Cette formidable aventure industrielle a tout de même laissé un héritage à l'industrie aurillacoise. La concurrence des parapluies bon marché poussa Sauvagnat à diversifier ses activités en se lançant dans la cosmétique et la parfumerie. La toute jeune société Auriplast créée avec cette ambition a alors comme premier client la prestigieuse... maison Chanel. En 2012, quelque quatre décennies plus tard, de par sa maîtrise des techniques d'injection plastique, d'assemblage et de galvanoplastie notamment, Auriplast garde la confiance des plus grands noms du secteur de la beauté : L'Oréal, Yves Saint-Laurent, Cartier, Coty Lancaster. Elle emploie environ 500 personnes. Issue de l'ancienne société Sauvagnat, la SOFRAP (Société Française de Parapluies), créée en 1986, fabrique toujours des parapluies et emploie une trentaine de salariés.


Rédacteur de la description :

Modalités d'accès :
Statut juridique :
Archives privées
Communicabilité :
Libres

Conditions d'utilisation :
La reproduction est interdite.

Bibliographie :
- La technique Sauvagnat à la conquête de l'Europe / R. Mazeran, p. 23-25, 1973 (cote ADC : 215 PER 2)
- Des vies de Cantaliens du XXe siècle / Jean-Claude Champeil. - Aurillac : Champeil , 2006. (cote ADC : 8 BIB 2471)


Mots-clés : Aurillac (Cantal, France) -- Chemin du Bousquet ; Baradel (Aurillac, Cantal, France) ; Industrie ; Matières plastiques, Travail des ; Meubles de plein air ; Ouvrier ; Ouvrière ; Parapluie ; Parasol ; Sauvagnat (entreprise) ; Sauvagnat, Marcel (1920-2004) ; Usine