expositions virtuelles

Trésors de « La Haute-Auvergne »

La Société des Lettres, Sciences et Arts « La Haute-Auvergne », fondée en 1898, est une société savante qui possède des collections de patrimoine écrit. Ces livres, estampes, photographies, manuscrits, parchemins sont tous déposés aux Archives départementales, qui en assurent la conservation, la communication et la valorisation.

L'exposition "Trésors de la société de la Haute-Auvergne" présente au public, pour la première fois, un choix de ces trésors. L'accent est mis sur les grands hommes qui ont construit et écrit l'histoire du Cantal : le comte de Dienne, Pierre Marty, Jean Delmas, Alphonse Aymar, dont les collections et les travaux illustrent notre département et les régions voisines.

Ouvrages de bibliophilie, gravures du Grand siècle, cartes géographiques du XVIIIe siècle, gouaches et aquarelles du XIXe siècle, photographies du début du XXe siècle : durant deux mois, ces trésors cachés, répartis par thèmes (Lettres, Documents d’histoire, Ethnographie, Sciences naturelles, Arts) sont dévoilés dans la salle d'exposition des Archives départementales.

A l'occasion des Journées européennes du patrimoine, les Archives seront exceptionnellement ouvertes les samedi 18 et dimanche 19 septembre 2010, de 14 h à 18 h. Leur directeur fera une visite guidée de l'exposition toutes les heures.

La société "La Haute-Auvergne" publie un numéro spécial sur son patrimoine, qui contient, entre autres, le catalogue de l'exposition « Trésors de la Haute-Auvergne » et qui est proposé aux visiteurs. Ce catalogue reprend les notices et les photographies des documents présentés, qui forment une exposition virtuelle.

Insolites

Pour qui passe devant l'austère et massif bâtiment des Archives départementales, les archives sont, au mieux, un conservatoire nécessaire mais périphérique de la mémoire commune, au pire, un monde impénétrable et poussiéreux, ennuyeux et solennel, annexe ou antichambre des usines de recyclage.
Et pourtant, celui qui pousse un jour la porte, donnant sur le jardin des Carmes, de la salle de lecture, et prend la peine de chercher à savoir ce que contiennent ces fameuses archives, a toute chance d'en contracter le goût pour toujours. Du point de vue des Archives, le monde se divise en une poignée d'aficionados passionnés et une immense majorité d'indifférents. L'ouverture, à l'automne 2008, d'un site internet offrant désormais l'ensemble de l'état civil, amène à réviser cette vision du monde : 100.000 pages sont vues chaque jour par un millier d'internautes ; depuis septembre 2008, plus de 25 millions de pages ont été vues depuis 80 pays différents du globe. Mais ces documents ardemment consultés ne représentent qu'une partie infime des archives conservées ; et il importe maintenant que le public puisse entrevoir la variété de la partie encore immergée de cet univers.
C'est précisément l'objet de la présente exposition. La plupart des documents présentés n'ont jamais été exposés. Ils ne prétendent ni à l'exhaustivité, ni à la représentativité de l'ensemble des fonds. Ils sont le fruit des trouvailles, des surprises, des étonnements de l'équipe des Archives, et de l'envie de les faire partager. Si les lectures d'archives, lancées en 2002 dans le Cantal, permettent en effet de faire vivre des textes, force est de constater que l'aspect de la plupart de ces pages d'écriture ne justifie guère leur exposition. Les documents "insolites" ici rassemblés, ont été choisis non seulement pour leur intérêt historique ou symbolique (le fond), mais aussi pour leurs qualités visuelles (la forme). Ils sont presque tous d'origine privée, souvent entrés récemment, ce qui explique qu'ils soient pour certains "en cours de classement" ; leur exposition manifeste donc également la reconnaissance du Département pour ces donateurs, déposants et vendeurs, qui enrichissent ainsi les collections publiques avec des documents parfois plus originaux et insolites que ne le sont les séries administratives, avec lesquelles ils entretiennent d'évidents liens de complémentarité.

Autour du présidial d'Aurillac

En 1551, le bailliage royal d’Aurillac est élevé au rang de présidial par lettres patentes du roi Henri II. Il devient, en quelque sorte, un tribunal de grande instance, avec des compétences au criminel. Il s’installe dans un édifice qui existe toujours, 24 rue de la Coste (salle appelée « La Cave »).

Les conseillers au présidial forment une élite de la ville sous l’Ancien régime ; la famille judiciaire (avocats, procureurs, huissiers, sergents, greffiers, etc.) est également une composante importante de la société urbaine.

Une exposition de documents conservés aux Archives départementales a été organisée en juin 2010 au tribunal de grande instance, durant 10 jours, dans la salle des pas perdus. Cet ensemble permet de découvrir l’histoire, le fonctionnement de la juridiction, la vie de ses acteurs et les caractéristiques de la justice rendue au nom du Roi.

Vallée de larmes. La Dordogne peinte par Ginette Aubert.

Ginette Aubert est née à Spontour (Corrèze), sur les bords de la Dordogne, en 1934. A l’âge d’un mois, sa famille s’installe à la Ferrière (commune de Tourniac, Cantal), où la fillette va passer sa jeunesse. En 1950, c’est le drame : la maison familiale doit être détruite à cause de la mise en eau du barrage du Chastang l’année suivante.

Ginette Aubert ne se remettra jamais tout-à-fait de ce traumatisme : les lieux de son enfance sont dénaturés, engloutis, rayés de la carte.

Pour autant, Ginette Aubert, désormais Mauriacoise, n’est point femme à laisser lessiver ou suffoquer sa mémoire. Non seulement elle écrit, mais elle peint, depuis toujours, ses souvenirs de la « vallée émeraude », devenue vallée de larmes. Et l’exposition est avant tout un chatoiement de couleurs vives, sous le pinceau tour à tour naïf, brut ou chagallien de celle qui fut la « petite fille » de la « rivière », devenue femme, comme en témoigne sa signature « GynA ».

Sa tristesse, Ginette Aubert l’a sublimée en peinture ; ses tableaux sont parfois agrémentés de débris rejetés sur les rives du lac de barrage, reliques prosaïques que son art transmute en matière précieuse. Dans ses textes et dans ses images, elle ne fait pas mystère des rudesses de la vie d’antan (c’est-à-dire d’avant l’engloutissement de 1950), mais elle contemple et peint avec fraîcheur les « saisons », les « familles », « ceux qui passent » et les « temps sacrés ».

On reste admiratif de la force de cet art et de ce caractère, qui subliment ainsi la suffocation de l’engloutissement en lui donnant des couleurs joyeuses. Les larmes sont devenues la peinture dont Ginette Aubert réenchante sa vallée.


Les 30 œuvres (peintures et sculptures) de Ginette Aubert sont complétées par des souvenirs familiaux (lettres et photographies) ainsi que par des documents conservés aux Archives départementales (plan cadastral, dossier d’expropriation de la maison familiale de la Ferrière, livres sur les barrages).

L'abbé de Pradt, ou le Talleyrand du Cézallier (1759-1837)

L'abbé Dufour de Pradt, né dans le Cézallier en 1759, entra dans les ordres sous l'Ancien Régime. Il commença une carrière politique sous la Révolution, dont il devint bientôt un opposant farouche. Il adhéra en revanche à l'Empire qui en fit un de ses dignitaires (baron, archevêque et ambassadeur) avant sa disgrâce. Sous la Restauration, il prit des positions libérales qui lui valurent les foudres de la justice. Il écrit une foule de traités de politique, de géopolitique (prônant notamment la décolonisation de l'Amérique du sud) ou d'agriculture avant de mourir en 1837. Ses multiples talents et son ingéniosité comme sa capacité à durer à travers les régimes politiques successifs permettent de le rapprocher de Talleyrand, presque son contemporain (1754-1838).

Ces images ont été présentée en l’église d’Allanche, le 13 juillet 2010, dans le cadre de la conférence annuelle des « Amis du vieil Allanche » ; la conférence fera l’objet d’une publication dans les cahiers du Vieil Allanche, à paraître en juillet 2011.

Plusieurs articles ont paru sur l’abbé de Pradt dans les Cahiers d’histoire en 1962 (cote ADC, 182 PER 2). Mais la somme la plus accomplie sur ce personnage est due au regretté Jean Moins. Il serait à souhaiter que cette belle étude sur les « idées politiques » de l’abbé de Pradt, parue en feuilletons dans la « Revue de la Haute-Auvergne » en 1962-1963, puisse être reprise dans un volume qui traiterait aussi d’autres aspects de cette vie si remplie, et dont la présente exposition ne vise qu’à donner une esquisse.