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Mémoires du Cantal palimpsestes de Benoît Bauzil

Deux ans après sa première exposition aux Archives départementales du Cantal, Benoît Bauzil est de retour avec une nouvelle collection de palimpsestes modernes. Mais alors que la première était consacrée à Aurillac, celle-ci prend de l’ampleur et nous présente, comme un puzzle lacunaire, des fragments provenant des quatre coins du département. De croix en fontaines, de moulin en châteaux, il nous emmène découvrir ou redécouvrir à sa suite le patrimoine cantalien, notre mémoire.

Palimpsestes modernes, ai-je dit, car palimpsestes de papier. A l’origine, le mot désigne les parchemins dont le contenu, devenu inutile, est gratté afin que les pigments de l’encre s’atténuent et laissent la place à un texte nouveau. Le papier, trop fragile, ne peut se prêter à un tel traitement, et la motivation économique qui poussait les scribes à récupérer le parchemin n’est pas celle qui anime l’artiste. Cependant, il y a bien une similitude. Profitant  des éliminations qui accompagnent nécessairement tout classement de documents d’archives, Benoît Bauzil se réapproprie le rebut pour lui accorder une nouvelle vie. Mieux, il place ces vieux papiers, dont l’intérêt utilitaire s’est élimé au cours du temps, au centre des attentions, au centre de son art. Une quittance devient clocher, une feuille de comptes se transforme en chapelle, qui ne rêverait d’une telle promotion ? Il suffit pourtant d’incliner la page, de construire autour des lignes écrites un édifice d’encre… et de laisser la magie opérer. Sur le papier ancien, dont on sentirait presque l’odeur de poussière, viennent se greffer des architectures plus anciennes encore. L’encre brune cède la place comme à regret à sa noire consœur, reste en retrait devant le nouvel occupant qui envahit sa feuille, mais sans disparaître tout à fait. Ce qui constituait jadis l’unique valeur du document devient l’écrin où s’installe le dessin, alliant au charme du sujet sa désuète élégance.

Prenez le temps de parcourir cette exposition et de reconnaître ces bribes de notre patrimoine. Certains, comme les burons, resteront anonymes. D’autres en revanche sont déjà ancrés dans nos mémoires, tels les châteaux de Val et de Pesteils, la source du Par ou encore la Font Sainte. Mais tous sont passés sous l’œil perspicace de Benoît Bauzil, qui a su les cerner et retranscrire, en accord avec le document support, leur silhouette trait pour trait.

Encore une fois, le travail de l’artiste est exceptionnel. Approchez-vous de ces volets mi-clos, dont la banalité laisserait le promeneur lambda indifférent. Et pourtant, entre chaque lame du volet, ne distingue-t-on pas les carreaux de la fenêtre elle-même entrouverte ? Quant aux grilles ouvragées, aux meneaux, aux ferrures qui agrémentent portes et fenêtres ici et là, ils dissimulent une régularité, une précision du geste créateur qui est loin d’être banale. Maître des jeux d’ombres, virtuose de la perspective, Benoît Bauzil manie avec brio le stylo et parvient à sublimer les éléments les plus élaborés comme les plus rustiques. Pour le plus grand plaisir de nos yeux, il confirme sans hésitation le talent que nous avions découvert ici même il y a deux ans.

 

Lucie Dorsy

Directrice des Archives

départementales

L’abbaye Saint-géraud d’Aurillac. Des moines et des hommes (IXe-XVIe siècles)

Y a-t-il aujourd’hui à Aurillac un emblème plus fort que Saint-Géraud ? Le saint, fondateur d’une abbaye qui a grandement participé au développement de la ville, mais aussi l’abbaye, ou du moins ce qu’il en reste, après les multiples assauts des hommes et du temps.

Les fouilles archéologiques qui ont lieu autour des bâtiments conventuels ont fait ressurgir des questions auxquelles nous n’avions jusqu’alors que des réponses imprécises, voire erronées. Elles ressuscitent également les fantômes des moines, qui ont jadis habité ces lieux, mais qui sont peu présents dans les mémoires actuelles : Saint-Géraud aujourd’hui est avant tout une église dont la silhouette doit beaucoup au XIXe siècle.

L’objet de cette exposition n’est pas de faire un compte-rendu des fouilles, qui ne sont d’ailleurs pas terminées, ni d’établir la chronologie des travaux qui ont eu lieu depuis la toute première fondation de saint Géraud. L’enjeu est d’aider à la compréhension de ce qu’est ce monastère que l’on a découvert, mais surtout de suivre la vie des moines qui y résidaient : comment vivaient-ils, comment s’organisait leur communauté, quels étaient leurs rapports avec les consuls de la ville, et comment est-on passé d’un monastère de moines suivant une règle et confinés à l’intérieur des murs, à un chapitre de chanoines séculiers, vivant « dans le siècle », c’est-à-dire parmi la population laïque ?

Comme souvent lorsque l’on étudie le Moyen-Age, les sources sont peu nombreuses. L’abbaye a subi de nombreuses pertes, en particulier en 1233 lors de l’attaque des bourgeois contre le monastère, en 1569 avec la mise à sac de la ville par les protestants, et à la Révolution ; le fonds de Saint-Géraud est donc très lacunaire, surtout en ce qui concerne l’abbaye médiévale. Fort heureusement, d’autres sources permettent de combler en partie ces lacunes, notamment le fonds des archives communales d’Aurillac, pour tout ce qui concerne les relations avec les consuls, ainsi que les diverses copies effectuées à partir des originaux avant leur disparition.

Laissons-nous donc guider par ces précieux vestiges à travers les siècles d’apogée, puis de déclin du monastère Saint-Géraud d’Aurillac…

Remerciements : Bibliothèque nationale de France (BnF), M. Lucien Gerbeau, M. Nicolas Clément, M. René Monboisse, Mme Josiane Authemayou.

Les cotes indiquées entre parenthèses sans mention d’un lieu de conservation proviennent des Archives départementales du Cantal. Les documents cotés « E DEP 1500 » sont issus du fonds des archives communales d’Aurillac, déposé aux Archives départementales.

Célibataires. Photographies d’Agnès Pataux.

Des célibataires ? Quelle drôle d’idée… Qu’ont-ils donc de si particulier ? Est-ce qu’on voit sur leur visage qu’ils sont célibataires ?

Je laisserai chacun parcourir cette exposition et se faire une opinion. Quant à moi, ma réponse sera non.

 Agnès Pataux est photographe. Avec son appareil, elle a voyagé en Afrique, en Irlande, et s’est finalement arrêtée –pour un temps– dans le Cantal, au cœur de ces vallées isolées du Puy Mary, de l’Aubrac et du Cézallier. 

Faire des portraits n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Un clic suffit pour prendre une photographie, mais l’art du portrait ne peut se réduire à ce bref mouvement du doigt. Il suppose tout un travail de préparation, et surtout une complicité entre le photographe et son modèle.

C’est donc avec patience qu’Agnès Pataux a parcouru les routes sinueuses du Cantal, rendant visite à des étrangers qui l’ont accueillie et sont peu à peu devenus des amis. Ces portraits sont le résultat d’un échange, d’une écoute mutuelle, d’une confiance réciproque.

Cette exposition n’est pas un documentaire. Certes, ces hommes et ces femmes sont photographiés chez eux, dans leur maison, devant leur grange ou au travail. Un certain mode de vie transparaît, dans une nature vaste et déserte où on s’aventure parfois l’été, à l’occasion d’une randonnée dominicale. Mais il serait réducteur de s’arrêter à cela. Cette exposition est un hommage. Ce qui est donné à voir, c’est l’humain. Sa dignité, nous dit Agnès Pataux.

Ce sont vingt-et-un portraits en noir et blanc, d’un format peu banal de 50 x 50 cm. Un grand format, carré, qui impose ces visages aux spectateurs. Est-ce le cadrage, est-ce la lumière, ou l’alchimie de composantes innumérables qui leur donne tant de force ? Ils apparaîtront tantôt gais, tantôt sérieux, mais toujours confiants. La photographie n’est pas un simple miroir de leur quotidien, elle les sublime.  

Lucie Dorsy
Directrice des Archives départementales du Cantal

 
Célibataires.

Nous en savons tous quelque chose et en connaissons tous aussi les lieux communs – « vieux garçon », « vieille fille »…

Je suis partie à la rencontre de tout un monde auquel on prête peu attention. Un univers en marge, en dehors de l’air du temps.

J’ai photographié des célibataires sur leurs terres.

Dans les collines du Conté de Clare en Irlande, les vallées autour du Puy Mary dans le Cantal, sur les contreforts de l’Aubrac, jusqu’aux estives du Cézallier. Dans des villages, des hameaux et des fermes isolées.

Des hommes surtout, très peu de femmes.

Vivre célibataire. Une affaire sérieuse qui concerne le célibataire comme ceux qui l’entourent. Il habite fréquemment avec ses frères et sœurs célibataires ou, tant que les parents vivent, au sein d’une famille. Puis, seul, avec opiniâtreté. 

À la maison, une pièce qui ne change pas au fil des ans, résume le foyer avec sa grande cheminée, son poêle, sa longue table à tiroirs et ses bancs, son vaisselier, son plancher lessivé, ses lits clos et sa télévision.

Ils sont restés. Là où ils sont nés. Ils n’ont pas quitté la maison familiale, les terres sur lesquelles ils exercent le métier qui est le leur. Tout comme leurs parents avant eux.

En toute saison, il faut s’occuper des bêtes, des prairies, des foins, du bois à rentrer pour l’hiver. Le travail est rude, contraignant, jour après jour. Le père, bien qu’à la retraite, continue à travailler au côté du fils aussi longtemps qu’il en a la force. La mère, elle aussi, accomplit vaillamment sa tâche.

Je fus très bien accueillie. Autour d’un verre de sirop ou d’une tasse de café réchauffé, accompagnés de biscuits. Au moment de nous quitter, nous allions au jardin. Je repartais avec des haricots ou des choux, une salade, choisis avec soin… ou bien un pot de confiture, des œufs ou un saucisson fait maison. 

Ce qu’ils ont dit des portraits que je leur rapportais ?

« C’est bien lui ! »

« C’est réel ! »

« It’s pure reality !  

Agnès Pataux
www.agnespataux.free.fr

D'un rocher à l'autre, Monaco-Carladès, quatre siècles d'histoire

Possession des princes de Monaco aux XVIIe et XVIIIe siècles, confisqué à la Révolution, le rocher de Carlat est retourné dans le giron des Grimaldi à l'occasion de sa vente, réalisée en 1911 par l'intermédiaire de la Société des lettres, sciences et arts "La Haute-Auvergne" et officialisée en 1914. 
L'année 2014 est l'occasion de célébrer ce centenaire et d'accueillir en Carladès leurs Altesses Sérénissimes le Prince Albert II de Monaco et la Princesse Charlène, en témoignage d'un attachement vif et sincère.

Aurillac palimpsestes. Dessins de Benoît Bauzil

L’archiviste est par nature un conservateur, mais aussi un jeteur, car il ne doit conserver que la « substantifique moelle » de la production documentaire : tout ce qui peut servir de preuve aux citoyens, tout ce qui peut servir de source à l’historien. Les critères de sélection, strictement encadrés, sont régis par des principes qui guident sa main au moment du tri : suppression des doublons, des documents analytiques lorsque l’on possède les synthèses (notamment comptables), échantillonnage de documents qui n’ont d’intérêt que statistique. L’éliminateur d’archives est sûr de ne se débarrasser que de la « mauvaise graisse » et de lutter efficacement contre « l’infobésité » caractéristique de notre époque.

Les destructions d’archives, après leur durée d’utilité administrative, se font dans les règles de l’art, afin de préserver, en particulier, l’anonymat et le secret de documents personnels. Mais à l’heure de la benne, le scrupule étreint parfois l’archiviste : a-t-il suffisamment anticipé les curiosités de l’historien de 2050 ou de 2150 ? Telle paperasse ne va-t-elle pas manquer à un citoyen démuni face à un voisin chicanier ? Et puis la voix de la raison reprend le dessus : la saturation menace les magasins d’archives ; l’élimination est faite dans les règles ; le papier part au recyclage.

Cependant ces papiers, lorsqu’on les montre au public, ont le cachet du suranné, le pittoresque du désuet, la grâce de l’antique. Pourquoi ne pas leur donner une deuxième vie, comme ces manuscrits médiévaux que l’on grattait pour en effacer l’écriture et y réécrire un nouveau texte ? Pourquoi ne pas en faire les palimpsestes – non grattés – du XXIe siècle ?

Ces songeries ont rejoint le travail de Benoît Bauzil, exposé à Ydes ou à Aurillac (au théâtre ou à la galerie Clac, passage de la Marinie). Né à Carcassonne, ancien élève des Beaux-arts de Toulouse devenu Auvergnat par son mariage, il enseigne les arts plastiques à Saint-Eugène et à Saint-Joseph. Plusieurs séries de ses dessins avaient pour support des papiers réutilisés.

L’idée est donc venue de lui proposer ces vieux papiers oubliés ou en déshérence, pour qu’il leur insuffle une seconde vie. Les Archives départementales lui ont donné carte blanche ; en fait, la carte n’est pas complètement blanche, car ces papiers couverts d’écritures, de cachets ou de textes imprimés sont tout sauf blancs. Ces fragments de patrimoine cantalien deviennent supports de création.

Et Benoît Bauzil a tout naturellement choisi d’y faire figurer des éléments architecturaux du patrimoine bâti d’Aurillac. Ces dessins au trait, à l’encre, sont agrémentés de collages. Le support et son écriture sont choisis par le dessinateur en adéquation avec l’œuvre qu’il imagine y faire. On y trouvera naturellement quelques uns des monuments-phare de la ville, mais aussi des fenêtres hautes de rues moins fréquentées, des détails imprévus ou insolites. L’œil de l’artiste musarde, sélectionne, photographie, dessine sur le support ad hoc. et agrémente d’un collage. Les pattes de mouche du XVIIIe ou du XIXe siècle s’imbriquent dans le dessin de 2013, provoquant des rencontres improbables de lieux, d’époques et de personnes.

La quittance la plus prosaïque, l’expédition d’acte notarié la moins éloquente, le fragment de compte les plus abscons, tous ces papiers acquièrent doublement le statut d’œuvre d’art : par ce qu’ils représentent et par ce qu’ils sont devenus.

Jean de Roquetaillade, fantasque franciscain d’Aurillac au XIVe siècle, n’a probablement jamais trouvé d’or dans la Jordanne ni percé le secret de la transmutation des métaux vils ; mais Benoît Bauzil, par son art revisité du palimpseste, se fait l’alchimiste des vieux papiers, qu’il transforme non en or, mais en art.

Le volcan, la Jordanne et la Cère : Aquarelles de Monique Gonnelle

Le village de Bénech, au-dessus de Mandailles, constitue pour Monique Gonnelle un belvédère sur le volcan, à l’ombre du puy Mary et du puy Griou. Rayonnant autour de la maison de famille où elle vient se ressourcer chaque année, elle lave des aquarelles non seulement dans sa vallée de la Jordanne, mais également dans celles de la Cère et de la Doire, et dans le Cantal : Apchon, Fabrègues, Moissac, Bredons, Roffiac, Dienne. Mais les sujets se concentrent naturellement sur le volcan et ses sommets ou ses cols : Usclade, Bataillouze, Rombières, Griounot, Elancèze.

Née à Paris en 1934, elle est la fille de Pierre Gonnelle, dessinateur d’ascendance lyonnaise et savoyarde et d’Eugénie Magne, originaire de Mandailles. Durant la guerre, la famille est repliée dans le Cantal ; son père travaille dans le cabinet de l’architecte Pierre Terrisse. Sa mère peint ; son frère cadet deviendra architecte des bâtiments de France : la famille a des prédispositions pour le dessin !

Élève, durant la guerre, à l’externat Sainte-Marie rue du général Destaing à Aurillac, elle entre ensuite au lycée Jules-Ferry, puis rejoint le lycée Fénelon à Paris, où elle obtient un baccalauréat littéraire. Professeur d’art plastique de la ville de Paris, Monique Gonnelle est intégrée à l’Éducation nationale avec l’équivalent du CAPES. Elle suit en parallèle, avec son père, les cours du soir de l’École du Louvre. Sa carrière se déroule dans plusieurs collèges de l’académie de Créteil – moins verte que celle de Clermont. Elle s’est adonnée à son art dans diverses techniques : gouache, aquarelles, huile, croquis, et, sur le tard, photographie. En Auvergne, elle a exposé à Mandailles, à Lascelle, à Aurillac, à Brioude et à Lavaudieu.

Les aquarelles de Monique Gonnelle révèlent un paysage intérieur doux et clair, construit dans l’harmonie et la couleur. Elle maîtrise avec virtuosité les verts cantaliens, dont la palette estivale est si complexe et si belle ; elle les harmonise avec les bleus et les mauves, et les rehausse des touches de couleurs vives des fleurs de montagne, dont est plein sont beau jardin de Bénech.

Ces aquarelles évoquent le Poème à vivre de Pierre Moussarie (1910-1978), le poète de la vallée de Mandailles, d’une génération son aîné, paru en 1962 dans son recueil Campagne :

 

Loin de la ville dévorante

Et de sa vorace banlieue

Nous nous trouverons, un matin,

Dans quelque chemin de traverse,

Etonnés, muets et ravis

D’entendre le chant d’une caille

Blottie sous un coquelicot.

Et nos yeux, qui savent toujours

La juste valeur d’une larme,

Luiront comme des feuilles neuves…

 

Mme Gonnelle avait déposé en 2012 un travail artistique réalisé en 1960 sur les burons (figurant dans l’exposition) ainsi que des dossiers documentaires, les vierges et majestés romanes comme sur les croix. À l’issue de l’exposition, les aquarelles ici présentées entreront à leur tour dans les collections des Archives départementales.

Nous avons besoin de vous

Vous trouverez sous cette rubrique différentes photographies que nous ne sommes pas parvenus à identifier. Pourrez-vous nous aider à y parvenir ?

Si vous avez des informations sur l'une ou l'autre de ces photographies, si vous reconnaissez les personnes, les lieux ou les objets concernés, n'hésitez pas à nous le faire savoir. Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante nlaparra@cantal.fr, en n'oubliant pas de mentionner la cote de l'image concernée (exemple : 64 Fi 294).

"Mon dernier train", de Gaston Laffaille

Ces photographies sont extraites d'un album réalisé par Gaston Laffaille à l'occasion de son départ en retraite en février 1998. Intitulé "Mon dernier train" il nous montre les derniers voyages de ce cheminot aux commandes de trains de marchandises et de voyageurs. Le tout dernier train est une locomotive conduite entre les gares d'Aurillac et d'Arpajon-sur-Cère le 21 février 1998. Ce fut l'occasion pour ce fervent militant d'orner la locomotive aux insignes du Parti Communiste, faucille, marteau et drapeaux rouges, sans toutefois oublier d'y adjoindre le drapeau tricolore.

Les Barrier, notaires à Vebret (puis Saignes) depuis le XVIIe siècle

Terrisse et Estival : 60 ans d'architecture cantalienne

En 1935, création de l'agence Pierre TERRISSE, qui est domiciliée au 15 rue des Carmes jusqu'en 1954, année du déménagement au 11 rue Alexandre PINARD.
De 1961 à 1965, suite au décés de Pierre TERRISSE, l'activité de l'agence continue sous l'appellation Cabinet Pierre TERRISSE - Jacques PORCHER architectes.
En 1965, reprise de l'agence par Charles TERRISSE, architecte DESA, jusqu'à son association en janvier 1975 avec Jean ESTIVAL, architecte DESA urbaniste DIUUP.
De 1975 à 2000, exercice professionnel libéral en association dans le cadre des statuts suivants :
Société en participation (SEP) Charles TERRISSE - Jean ESTIVAL de 1975 à 1993 ;
Société civile professionnelle (SCP) Jean ESTIVAL - Charles TERRISSE de 1994 à 2000.
Suite au départ à la retraite de Charles TERRISSE, modifications des statuts du cabinet :
En 2001, Société civile professionnelle ESTIVAL, intégrant Arnaud et Pierre-Yves ESTIVAL, nouveaux associés ;
Jusqu'en octobre 2009, Société à responsabilité limitée (SARL) ESTIVAL Architecture, gérance de Jean ESTIVAL ;
Depuis octobre 2009, co-gérance de Arnaud ESTIVAL, architecte DPLG et Pierre-Yves ESTIVAL.
En juillet 2010, le cabinet déménage au 7 avenue Aristide Briand.

Vu dans le Cantal. Soixante ans de photographies de Michel Quétin

Aurillacois, archiviste et photographe, Michel Quétin a consacré sa vie professionnelle, aux Archives nationales, à la photographie. Archiviste de manifestations syndicales, conservateur des archives, archiviste de la photographie, c'est avant tout un homme qui pose sur le monde un regard bienveillant mais aigu, plein d'humour mais sans concession. De plus de trois mille pellicules qu'il a impressionnées depuis sa jeunesse et qu'il a décidé d'ailleurs de déposer aux Archives du Cantal, Michel Quétin a extrait 40 photos, prises dans le Cantal depuis 60 ans. Elles ont été tirées par Daniel Lebée, et elles nous permettent de voir, jusqu'à la fin de l'année 2012, un Cantal jamais vu.

Les derniers chaudronniers d’Aurillac : la famille Guittard et Bastien

L’âge d’or de la chaudronnerie à Aurillac : 1740-1914


Sans être jamais l’activité artisanale dominante, la chaudronnerie a marqué les esprits à Aurillac, car c’était une activité… sonore.

Vincent Flauraud a montré que, dans les esprits (notamment à travers le célèbre Tour de France de deux enfants, 1877), Aurillac fut LA ville de chaudronnerie en France.

Depuis la seconde guerre mondiale subsiste à Aurillac (et désormais à Jussac) un seul atelier de chaudronnerie, transmis par « le père Guittard » à son gendre Robert Bastien, dont le fils Jean-Paul a repris le flambeau. Il s’intitule désormais dinandier, et on plus chaudronnier.

Léonce Bouyssou (1917-1924), archiviste du Cantal (1949-1982)

Quelques photographies d’une photographe 
       n’aimant guère être photographiée

Henri Mondor (1855-1962)

Né à l’école de Saint-Cernin, dont son père Armand était directeur et qui est aujourd’hui le collège (qui porte son nom), Henri MONDOR fut à la fois un grand chirurgien, un grand dessinateur et collectionneur d’art, et un grand écrivain. Sa main, qui maniait avec un égal bonheur le scalpel, la plume et le crayon, fut également très généreuse pour sa commune et son école natales.
La commune de Saint-Cernin a souhaité honorer ce grand homme et rappeler sa mémoire 50 ans après son décès, le 6 avril 1962, notamment par le prisme de cette exposition "Le scalpel, la plume et le crayon".

Musée de cire d'Aurillac

Le musée de cire d'Aurillac porté par Louis Cavanié, président du syndicat d'initiative de la ville, voit le jour à la fin des années 1970. Il a pour but de faire connaitre l'histoire de la ville et du département aux cantaliens et aux touristes. Il sera situé dans un immeuble de la place Gerbert restauré par la ville d'Aurillac avec le concours de l'architecte Porcher.

La conception des tableaux est confiée à messieurs Beaufrère et Leymarie, tandis que la réalisation du musée est l'oeuvre de Gérard Crépin, architecte décorateur de renommée internationale, auteur entre autres des historials du Canada, de Lourdes ou encore de Chenonceau.

Un peu passé de mode et faute de rentabilité le musée de cire ferme définitivement ses portes en juin 2004. Il est revendu par la ville et les scènes ou personnages qu'il contenait sont cédès à des collectionneurs privés.

Fêtes du Millénaire d'Aurillac en 1972

Photographies prises à Aurillac à l'occasion des fêtes du Millénaire : reconstitution et cortège historique.

L'archéologie vue du ciel : paysages en palimpseste

A partir des photographies aériennes, prises par Bertrand Dousteyssier, de sites archéologiques situés dans le Cantal et le Puy-de-Dôme, Annie Rassinot-Usse, professeur d'histoire-géographie en charge du service éducatif de l'archéologie dans le Cantal, propose ici une présentation à la fois magistrale et pédagogique. Ces trous dans la terre vus du ciel prennent vie, et l'on y voit revivre, grâce aussi aux aquarelles de Jean-Philippe Usse, les hommes des temps gallo-romains, médiévaux et modernes qui habitaient les montagnes de l'Auvergne.

Cette présentation n'aurait pu voir le jour sans l'appui et le travail constants du service régional de l'archéologie (DRAC Auvergne), et notamment d'Elise Nectoux.

Les tanneries à Aurillac : histoire d'une petite industrie

On a bien du mal à imaginer aujourd'hui que la rue Paul Doumer, qui s'appelait jusqu'en 1932 rue des Tanneurs, concentra entre le Moyen Age et le milieu du XXe siècle les tanneries de la ville d'Aurillac. On découvrira ici, outre les techniques de cette petite industrie, les familles qui s'adonnèrent à ce métier, les spécificités de la fabrication aurillacoise, les difficultés fiscales de la profession au XVIIIe siècle, la vie des tanneurs au XIXe siècle et la physionomie du quartier il y a un siècle.

Encensoirs, reposoirs, ostensoirs

Harmonie du soir


Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!


Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

 
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.


Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!


Charles Baudelaire

Marie Marvingt, "la fiancée du danger"

Marie Marvingt, née à Aurillac ( Cantal ) le 20 février 1875 et morte à Laxou (Nancy) le 14 décembre 1963 , surnommée "la fiancée du danger ", est une pionnière de l’aviation en France et l'une des meilleures alpinistes du début du siècle. Licenciée en lettres et parlant sept langues – dont l’ espéranto –, elle était titulaire de trente décorations.
A une époque où les femmes sont encore cantonnées au rôle de d'épouse et de mère au foyer, elle est parmi les premières femmes titulaires du permis de conduire , qu'elle obtient dès 1899. Elle passe également quatre brevets de pilote (avion, ballon, hydravion, hélicoptère) et pilote également des dirigeables.
C'est aussi une grande sportive dont la devise, "Je décide de faire mieux encore et toujours", lui a permis d’être détentrice de dix-sept records mondiaux. Surnommée tour à tour,  "La reine de l’air", "Marie casse-cou", "l'infatigable globe-trotteuse", "l’éternelle curieuse", "la femme la plus extraordinaire du siècle", elle reste un modèle de dynamisme et de foi en l’être humain. 

Caricatures anti-allemandes signées "Lig"

Prêt des originaux par un collectionneur privé, Aurillac, 2009.

Album photographique du lieutenant de réserve de cavalerie Maurice Brunet

Photographies prises sur le front et au repos.

Personnages : le général Charles Mangin (1866-1925) et son ordonnance, le tirailleur soudanais Baba Coulibaly (alias Koulibaly) ; juments du lieutenant Brunet : Myrtha et Crapouillette ; Théodore Botrel (1868-1925) ; général Tassin ; officiers de l'état-major de la cinquième division d'infanterie ; tombes et cadavres ; maisons et églises détruites ; Gosselin, ordonnance du lieutenant Brunet ; château-hôpital de Forges (où il est soigné après sa blessure en 1916) ; réception de la légion d'honneur le 15 août 1916 ; permissions (Paris, Evreux, Colleville, Granville)

Prêt de l'original par un collectionneur privé, Aurillac, 2009.

Chaumières

Jusque dans les années 1980, les couvertures en chaume étaient assez fréquentes dans le Cantal. Même si ce mode de couverture a désormais presque entièrement disparu, la Photothèque cantalienne en conserve le souvenir.

Les photographies sont datées, dans le mesure du possible. Elles illustrent la diversité des techniques de réalisation des toits de chaume en fonction des territoires cantaliens.

Châteaux méconnus

A côté des grands châteaux largement ouverts au public et fréquentés par les touristes, le Cantal recèle des édifices plus modestes et plus méconnus, mais non dépourvus de charme ni de qualités esthétiques. De la sévère tour du Moyen Age au château troubadour du XIXe siècle, en passant par les demeures reconstruites après la guerre de Cent ans ou les manoirs du XVIIIe siècle, ce sont tous les types architecturaux qui sont représentés. Des photographies anciennes ou des plans conservent aussi le souvenir des châteaux disparus.

Cascades

Dans les récits de voyageurs, entre le siècle des Lumières et la première guerre mondiale, les cascades sont omniprésentes. Elles apportent du mouvement et du "pittoresque" aux tableaux naturels qui s'offrent au "touriste". Le randonneur fourbu y trouve une fraîcheur bienfaisante ; le promeneur romantique en mal de sensations fortes y recherche du "formidable" et du "sauvage" propres à stimuler en son âme les mêmes sentiments.

Les cascades sont donc nombreuses dans les photographies et les cartes postales de la fin XIXe et du début du XXe siècle. Elle ne réapparaissent que récemment dans les cartes postales, à l'heure de l'écologie et au titre du patrimoine naturel.

Saint-Martin-Cantalès : un monument aux morts « magnifique », funéraire, patriotique et… de qualité médiocre (1926)

Le 22 août 1926 est inauguré le monument aux morts de Saint-Martin-Cantalès, en présence de toutes les autorités civiles et religieuses, dans une atmosphère d’Union sacrée.

Le monument, qui représente un « Poilu expirant en défendant le drapeau » en pierre reconstituée, a été acquis sur le catalogue de la maison Gourdon. Des doutes sur la qualité de la statue existent dès le début, mais l’ensemble est alors jugé « magnifique ». A la fois funéraire et patriotique, il emporte toutes les adhésions. Quatre-vingt-quatre ans plus tard, force est de constater que ce monument, qualifié en 1926 par la presse de « l’un des plus remarquables du département tout entier », tombe en ruine.

Laiterie coopérative de Maurines

Reportage sur le traitement du lait et la fabrication du fromage de Cantal, par Olivier Pasquiers en 1995

Un Marcolésien en Turquie: la campagne de Cilicie de Denis Gazals (1919-1920)

Denis Gazals (Marcolès, 19 juillet 1898 – Billom [Puy-de-Dôme], 8 mai 1977) achève son service militaire, comme tirailleur algérien, en Cilicie, en 1919-1920. Cette région turque du sud de l’Anatolie, baignée par la mer Méditerranée et aujourd’hui limitrophe de la Syrie, fut occupée par les Français après la première guerre mondiale. Des photographies de Mersin et des environs de Constantinople montrent Denis Gazals et ses camarades, ainsi que des scènes de la vie turque.