La Révolution industrielle



Dans la cadre du programme d’histoire de 4ème, thème 2 : L’Europe et le monde au XIXe siècle : L’Europe de la « révolution industrielle », le service éducatif vous propose une activité permettant de traiter quelques traits de ce chapitre à partir de documents d’archives.

Les transformations des villes et campagnes, l’essor du salariat, la condition ouvrière, les crises périodiques et leurs effets sur le travail peuvent être abordés lors d’un travail de groupe. Les thèmes de travail sont les suivants :

  • Le travail des femmes dans le Cantal
  • Le travail des enfants dans le Cantal
  • La grève des ouvriers de Champagnac en 1895
  • La grève des ouvrières du parapluie à Aurillac en 1914


Le travail des femmes

Ouvrières de l’atelier des briquettes, 1895-1910 (cote ADC : 45 Fi 8356)

Exemple de rédactions réalisées par des élèves (avec leurs défauts)

Le travail des femmes dans le nord Cantal à la fin du XIXème siècle

A la fin du XIXeme, les femmes travaillent dans les manufactures où elles occupent différents métiers mais elles travaillent aussi dans les ateliers de briquette, au tri des minerais ou dans les usines de tissage et de tricotage.

Prenons pour exemple les houillères de Champagnac où sont recrutées en grande partie les femmes et filles des paysans pauvres du voisinage, « qui n'ont pas assez de terre pour occuper tous les membres de la famille »,

Quelques unes appartiennent aux familles des mineurs auxquels la compagnie fournit de salubres logements. C'est une politique paternaliste. Certaines vivent à deux ou trois kilomètres autour de l'usine dans des maisonnettes qui leur appartiennent.

Malgré leurs salaires qui varient de un franc vingt à deux francs pour une journée (donc environ trente ou quarante francs par mois), elles payent un loyer conséquent de trente à quarante francs selon les villes.

Elles travaillent environ dix heures par jour, la plupart du temps de six heures à onze heures et de midi à cinq heures du soir.

Certaines, dans les usines de textiles de Saint-Flour, Rouffiac ou Chaudes-Aigues par exemple, travaillent chez elles et sont payés à la pièce.

Le travail des femmes dans le nord Cantal à la fin du XIXème siècle

Introduction :

Les femmes du 19éme siècle travaillent dans le Nord-Cantal et sont généralement employées dans les ateliers de briquettes ou dans des industries de tissage et de cordonnerie mais ces deux derniers ne présentent que peu d’importance dans le nombre de salariés et dans l’argent produit.

1882

En 1882, seule une manufacture industrielle embauchait des femmes, celle de Champagnac (exploitations des houillères ) . Elles sont payées 1.20 à 2.00 F. pour une journée de moins de 10 heures avec une pause à mi- journée. Elles sont recrutées parmi les fermes qui n’ont pas assez de terre pour occuper et nourrir toute la famille. Cela va entrainer un exode rural.

1883

Il y a 5 manufactures (2 à st-Flour, 1 à Chaudes-Aiges, 1 à Rouffiac et 1 à Oradour). Celle de Chaudes-Aigues est un peu particulière car les ouvrières travaillent à la maison et sont payées à la pièce leur salaire n’est donc pas fixe.

Dans les autres manufactures, le salaire est généralement situé entre 1.20 et 1.50 F. et les femmes sont toujours à moins de 2 Km de l’usine mais ont un loyer allant de 30 à 40 F, ce qui signifie que toute la famille travail. Toutes ces informations sont conformes à la loi du 19 mai 1874, d’ailleurs le document étudié est une lettre envoyée au préfet pour vérifier que les manufactures son en conformité avec la loi.


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Le travail des enfants

Les chauffeurs de chaudières avec, au premier plan, les enfants dits détartreurs de chaudières, 1890-1900 (cote ADC : 45 Fi 17040)

Exemple de rédactions réalisées par des élèves (avec leurs défauts)

Exemple n°1 : Le travail des enfants au 19eme siècle à Champagnac

Au 19eme siècle, les enfants étaient une pièce maitresse dans le travail avec les chaudières, la pose du bois dans les galeries et dans les ateliers d’entretiens principalement.

Pour le travail avec les chaudières, les tâches étaient assez nombreuses :

Premièrement, les enfants qui faisaient fonctionner les chaudières étaient appelés les détartreurs de chaudières.

Ensuite, certains enfants étaient employés pour nettoyer les chaudières (ce travail était effectué par des enfants munis de marteau), ce travail était l’un des plus dangereux par ses conditions de travail assez voire très rude(à cause de la chaleur).

Les enfants étaient aussi utilisés pour la pose du boisage dans les galeries. Cette pose était difficile pour les enfants mais utile pour pouvoir accéder à des endroits contenants plus de ressources (donc plus intéressant).

Les enfants pouvaient se faufiler dans des passages étroits où eux seul pouvaient y accéder. De plus les enfants étaient employés dans les ateliers d entretiens. Très important pour le bon fonctionnement de la mine.

En 1892, une loi est créée. Elle diminue le travail des enfants de moins de 16 ans dans les mines et les lieux dangereux pour leur santé. Elle diminue aussi leur horaires de travail (environ 10h par jour).Les conséquences sont plutôt positives car elles améliorent les conditions de travail des enfants .Ces enfants vont donc plus à l’école donc ils deviennent plus instruits. Certains arrêtent même le travail dans les mines pour une autre vocation. Cette loi est continuellement vérifiée par des enquêtes du ministère des travaux publics du 28 juin 1895, qui vérifie le travail de chaque enfant.

Exemple n°2 : Le travail des enfants à Champagnac au 19eme siècle

Les jeunes garçons de Champagnac sont employés pour nettoyer les chaudières dans les ateliers d'entretien, pour préparer le boisage des galeries. Ces jeunes garçons aident les adultes à mettre le bois en place, à leur approcher les outils, à les éclairer....

Ils travaillent un peu moins de huit heures par jour.

Le nettoyage des chaudières est un travail dangereux pour leur santé ; ils travaillent un peu moins de dix heures par jour dans un environnement poussiéreux et où la température est assez élevée. C'est pour cela que tous les enfants faisant ce travail, doivent être soumis à un examen médical.

Il y a eu une enquête sur le travail des enfants car depuis la loi de 1892, des jeunes garçons de l'âge de 14 à 16 ans sont employés pour le nettoyage des chaudières ou dans les mines.

Pour Champagnac, les contrôleurs ont visité les mines et l'usine : ils ont conclu que les machines sont entretenues dans un état satisfaisant, par une équipe de 36 ouvriers et de 8 surveillants. Le travail des enfants à Champagnac est donc conforme à la loi de 1892 car leur santé n'est pas en danger.


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La grève des mineurs de Champagnac

Cavalerie envoyée lors des grèves de 1895 (cote ADC : 40 Fi 5261)

Exemple de rédactions réalisées par des élèves (avec leurs défauts)

Exemple n°1 : La grève de Champagnac-les-Mines

Le 18 mai 1895, la grève de tous les ouvriers commence. En effet, elle a été déclarée après la mise à pied d'un ouvrier pour une durée de deux jours pour avoir quitté son travail avant l'heure fixée. Le lendemain, tous les ouvriers mineurs quittent leurs postes pour aller dans un local afin de délibérer pendant plus de deux heures. Les ouvriers déclarent à la compagnie toutes les revendications qui avaient été décidées. Ils souhaitent :

  • avoir une journée de huit heures,
  • une augmentation de 10%,
  • une paye tous les quinze jours,
  • une garantie de la journée payée à 4 francs minimum,
  • le maintient des ouvriers.

Malgré la grève qui menaçe l'entreprise, la Compagnie refuse toutes les revendications des ouvriers. La grève est donc devenue générale car 330 ouvriers arrêtèrent leurs activités.

Le 22 octobre 1894, le sous-préfet de Mauriac écrit une lettre au préfet. En effet, une réunion regroupant le nouveau syndicat des mineurs de Champagnac et le secrétaire général de la fédération eut lieu. Les mineurs décident de l'écouter mais aussi de faire un discours prononcé par le président du syndicat engageant les ouvriers à lutter efficacement contre le capital. Il fait l'éloge du gouvernement Républicain et ainsi reporte à la République l'honneur de la loi de 1884 sur la création des syndicats.

En 1895, ayant pris compte de la situation, il est décidé d'envoyer sept brigades à Champagnac pour surveiller les grévistes et éviter tout débordement. Le 16 Août 1895, la grève se termine.

La compagnie propose aux mineurs qu'ils reprennent leur travail sous conditions :

  • la paye sera donnée tous les jours,
  • la journée de travail sera de 8 heures,
  • l'amende qui était appliquée lors de la mise à pied n'aura lieu que lors d'une grave infraction du règlement,
  • il n'y aura aucun licenciement si l'ouvrier fait parti d'un syndicat,
  • le renvoi sera au maximum de cinq au lieu de dix jours.

Malgré l'hésitation des ouvriers, l'offre de la compagnie est acceptée. La grève se termine faisant durer l'accord entre le patronat et les travailleurs.

Exemple n° 2 : La grève des mineurs de Champagnac

Une grève éclate suite à la mise à pied d'un ouvrier qui avait quitté son travail avant l'heure.

Les mineurs revendiquent :

  • Journée de 8h pour les ouvriers travaillant dans les zones humides
  • 10% d'augmentation de salaire
  • paye tout les 15 jours
  • suppression de la retenue de 10 centimes sur l’huile
  • maintien de tous les ouvriers.

Des brigades à cheval sont déployées dans Champagnac pour les perquisitions à domicile suite à de nombreux vols sur les trois communes et pour empêcher de potentielles révoltes et débordements.

Lorsque le travail a été repris, les conditions étaient :

  • 3,5 francs par jour alors qu'ils en demandaient 4 francs
  • journée de 8h et tenue en caoutchouc pour tous les ouvriers
  • les mises à pieds sont appliquées uniquement pour les graves délits et les punitions définitives sous l’avis de l’ingénieur
  • le renvoi des ouvriers est limité à 5 au lieu de 10 jours.

Cette grève a duré 3 mois pendant lesquels les ouvriers avaient fait preuve d'un calme et d'un courage remarquable.


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Grève des ouvrières du parapluie à Aurillac (1914)

Ouvrières en grève devant la bourse du travail à Aurillac (cote ADC : 41 Fi 71)

Exemple de rédactions réalisées par des élèves (avec leurs défauts)

Exemple n°1 : Grève des ouvrières du parapluie à Aurillac en 1914

1) Pourquoi font-elles grèves ?

Les ouvrières de toutes les manufactures parapluie du Cantal ont voté à l'unanimité la grève pour différentes raisons.

Premièrement, leur paye n'était pas régulée, il y a eu 4 licenciements d'ouvrières pour avoir manifesté leur mécontentement concernant leur paye.
Deuxièmement, le prix de la vie n'a fait qu'augmenter depuis 30 ans mais leurs salaires, eux, n'ont pas augmenté.

2) Comment s'est déroulée la grève ?

La grève a commencé le 4 Février 1914, sur tout le Cantal il y a eu 250 grévistes, c'est-à-dire, la totalité des salariés. La grève s'est déroulée dans le calme, tout comme les manifestations où les ouvrières chantaient l'International qui est un chant révolutionnaire communiste.

Il y a aussi eu une solidarité des habitants à l'égard des ouvrières symbolisée par le versement d'une allocation journalière.

3) Quelles-ont étaient les conséquences de la grève ?

Il y a eu, dans différentes manufactures, la création de syndicats, comme le syndicat de l'habillement, la première section des ouvrières en parapluie compte 230 adhérents.

Il y a aussi eu une légère augmentation de 0.25 centimes de francs sur les salaires des ouvrières travaillant sur la fabrication des parapluies en dentelles et en coton.

Exemple n°2 : La grève des ouvrières du parapluie à Aurillac

La grève commence le 4 février 1914 et se termine le 23 février 1914. Le directeur Monsieur Lafon a renvoyé 4 femmes qui protestaient. Les autres femmes ont établi un mouvement de solidarité et déclarent la grève générale car elles trouvent que les tarifs n’étaient pas uniformes dans les cinq manufactures de parapluies d’Aurillac et elles veulent un salaire plus élevé.

Pour montrer leur mécontentement, elles ont organisé un groupe de 600 personnes, avec le drapeau de l’Union des syndicats. Elles ont parcouru les rues de la ville en chantant et vont devant toutes les fabriques de parapluies d’Aurillac.

Les établissements ont obtenu un tarif général et une augmentation de prix sur différentes catégories de parapluies, par exemple : Parapluies en dentelle, coton, soie…

Le tarif était le même depuis 30 ans alors que le coût de la vie a augmenté. Les habitants donnent aux grévistes leur « appui moral et pécunier ».

La grève a pris fin, le travail a repris son cour avec un tarif général et des salaires plus élevés.


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