44 - La parabole de l'enfant prodigue en patois d'Aurillac
L'abbé Jean Labouderie (1776-1849), vicaire général d'Avignon, chanoine honoraire de Saint-Flour, traduit phonétiquement, dans les différents parlers auvergnats, le livre de Ruth et la parabole de l'enfant prodigue. Il donne plusieurs versions de ces textes : dans "l'idiome de la paroisse de Chalinargues", en "patois d'Aurillac", en "patois de Saint-Amand-Tallende", "en dialectes romans des départements de la Charente, Haute-Vienne, Puy-de-Dôme et Cantal" - cette dernière version étant synoptique, pour permettre des comparaisons.
Le savant abbé précise qu'il est parti de la version syriaque du texte saint, "parce qu'elle doit s'approcher davantage du dialecte que parlait Jésus-Christ". Il ajoute qu'il a voulu "faire voir l'analogie qu'il peut y avoir entre une des langues sémitiques et les idiômes du Midi de la France, qui ont dû tant emprunter de l'arabe, de l'hébreu, du syriaque et du chaldaïque, pendant les croisades et durant le séjour que les Maures ont fait dans les provinces situées au-delà de la Loire".
Originaire de Chalinargues, Jean Labouderie fut successivement prêtre assermenté sous la Révolution, vicaire à Langeac au début du Concordat, étudiant à Paris à partir de 1804, vicaire bibliophile et érudit à Notre-Dame de Paris à partir de 1811, abbé philosophe et gallican sous la Restauration, où ce n'était plus de mode, infirme des suites d'une crise d'apoplexie à partir de 1838. Son appartenance à la Rose-Croix explique peut-être sa fascination pour les langues orientales anciennes, dans lesquelles il croit voir une source de la langue d'oc.