7 - Les prisonniers, oubliés de la grande guerre
Ce recueil de croquis témoigne de la vie des prisonniers civils (population des régions conquises déportée et utilisée comme otages par les Allemands) et militaires. Son auteur, Jean Pierre Laurens (1875-1932), a été fait prisonnier en septembre 1914, à Rocquigny, près de Péronne ; blessé d'une balle à la jambe, il tombe aux mains des Allemands. Il est transféré au camp de Wittenberg, au sud de Berlin. Ses croquis très précis et très sensibles dénoncent des conditions de captivité rendues très dures par l’impréparation de « l’accueil », la volonté délibérée d’humilier l’ennemi et le besoin d’utiliser la main d’œuvre pour toutes sortes de besognes (travaux des champs, construction de routes, mise en valeur de régions insalubres). À leur retour, l’accueil réservé ne fut pas toujours à la hauteur des souffrances qu’ils eurent à endurer : suspicion d’être des embusqués, image du traître ou du lâche. On sous-estime parfois l’impact des 32 mois de l’« odieuse captivité » du capitaine de Gaulle comme élément d’explication de sa volonté de résistance, vingt ans après.

 
1914-1918